Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/114

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moins dans mon petit labour, afin que je puisse te donner du pain.

Quelques jours après, sa mère lui dit d’aller au marché de la ville acheter un petit cochon.

— Que me donnerez-vous pour ma peine ?

— Un bel échaudé bien jaune et bien doré, et profond comme une écuelle à soupe.

Il alla au marché et acheta un joli petit cochon, puis il choisit un bel échaudé et sortit de la ville en poussant devant lui le petit animal.

Mais il se fatigua bientôt de le conduire, et, arrivé à un carrefour où il y avait deux routes qui conduisaient à la maison de sa mère, il dit au petit cochon :

— Nous allons aller chacun de notre côté, et le premier de nous deux qui sera rendu aura l’échaudé.

Il se hâta d’arriver chez sa mère, à laquelle il demanda si le cochon était venu :

— Non, dit-elle ; à qui l’as-tu donné à amener ?

— À personne ; je lui ai dit à l’oreille de se rendre ici le plus vite qu’il pourrait, en lui promettant mon échaudé s’il était ici avant moi.

— Pauvre innocent ! dit la mère. Tu aurais dû l’attacher avec une corde et le traîner derrière toi.

Le lendemain, sa mère l’envoya au bourg chercher de la viande. Il attacha avec une corde le