Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/129

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elle borda soigneusement ses couvertures et le fit rester au lit, en disant toujours qu’il avait la mine malade.

Le lendemain matin, quand il s’éveilla, il dit :

— Je retourne à ma journée ; je suis bien guéri aujourd’hui.

En se levant, il trouva dans son lit les deux œufs que la fine commère y avait placés la veille.

— Ah ! s’écria-t-il, tu avais raison de dire que j’étais malade : j’ai pondu deux œufs, et les voilà.

Le cantonnier alla à la croisée et vit la cour de la maison toute blanche : sa femme y avait jeté le lait qu’elle avait baratté.

— Qu’y a-t-il de blanc devant la maison ?

— Ah ! répondit-elle, pendant que tu étais couché, il a plu du lait-ribot.

Le bonhomme reprit ses outils et retourna travailler sur la route. À peine y était-il arrivé, qu’un monsieur l’aborda et lui dit :

— N’avez-vous rien trouvé hier sur cette route, mon ami ?

— Si, monsieur ; j’ai trouvé un petit sac en cuir, rempli de boutons jaunes.

— Faites-le-moi voir, s’il vous plaît.

— Venez avec moi ; il est à la maison.

Quand il fut arrivé chez lui avec le monsieur, il dit à sa femme :