Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/15

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pour empêcher les gens de s’endormir ou de s’ennuyer, on fait la lecture, et souvent c’est le petit garçon ou la petite fille qui, en revenant de l’école, sont chargés de ce soin.

Il existe cependant encore un grand nombre de contes, et on les dit dans bien des endroits autres que les réunions du soir : au four où les femmes se rassemblent, au doué où se racontent les faits divers du pays, sur les routes en allant au marché, et dans les champs. Il n’est pas rare d’entendre dire, au moment des travaux en plein air :

— Dites-nous donc un petit des devinailles et des contes pour nous désennuyer.

Les petits garçons et les petites filles qui gardent ensemble les moutons ou les vaches se racontent entre eux les contes que leurs mères leur ont appris.

La littérature orale et traditionnelle est encore fort riche, même dans les pays qui ne forment pas, comme la Bretagne bretonnante et le pays basque, des groupes compacts, qui se distinguent nettement de leurs voisins par la langue et les costumes. Dans la préface de ses Contes lorrains, M. Cosquin rapporte que, dans un seul village, il a recueilli environ quatre-vingts récits : mon expérience personnelle confirme de tout point ce qu’il dit ; dans les quatre mois que j’ai passés à