Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/157

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VI. Le Navet.

Il y avait une fois un prêtre qui ne pouvait s’empêcher de péter en célébrant la messe. Il dit à sa servante :

— Je ne sais ce que j’ai ; à chaque fois que je dis ma messe, je ne fais que péter.

— Il faut, répondit la servante, vous boucher le derrière avec un navet.

Le prêtre suivit le conseil de sa servante, et tout alla bien jusqu’au dernier évangile ; mais, au moment où il se baissait vers l’autel, le navet ne put résister à tous ces pets qui s’étaient accumulés, et il partit avec un grand fracas à travers culotte et soutane. Il était lancé si fortement, qu’en passant au milieu de l’église, il tua deux femmes et défonça la grande porte. Dans la rue du village, il enleva les deux cornes d’un bœuf, assomma trois moutons qui étaient devant une écurie, et je ne sais ce qu’il devint ensuite.

(Conté en juin 1880 par Françoise Dumont, d’Ercé, âgée de vingt ans.)