Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/160

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qu’un vient ici, il lui coupe une oreille. Il ne faudra pas vous effrayer : il vous en fera autant.

— Croyez-vous, répondit l’homme, me faire peur avec cette bourde ?

Le recteur rentra, et, comme c’était l’heure de son dîner, il demanda où était son couteau.

Quand l’homme entendit cela, il se sauva à toutes jambes, croyant déjà sentir le couteau trancher dans son oreille.

— Qui fait cet homme-là s’enfuir de la sorte ? demanda le prêtre.

— C’est qu’il a enlevé vos trois perdrix, monsieur, répondit la bonne pièce de cuisinière.

Le recteur se mit à poursuivre le prétendu voleur, et il criait :

— Donne-m’en au moins une !

— Non, non, vous n’aurez ni l’une ni l’autre, répondait l’homme en courant encore plus fort.

Un autre homme vint un jour le trouver et lui dit :

— Ah ! monsieur le recteur, c’est moi qui suis dans l’embarras !

— Qu’avez-vous donc, mon ami ?

— J’ai un procès avec deux personnes, et pour la même chose.