Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/171

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Vers midi, le père du petit gars lui ouvrit la porte et lui dit :

— Va voir ce que fait ta belle-mère.

Celle-ci était à table, assise entre deux beaux messieurs ; le petit gars alla à une fenêtre et regarda sa belle-mère, qui aussitôt se mit à péter et à embrener ses chausses, si bien que tout le monde se bouchait le nez. Et les messieurs ordonnèrent à leurs domestiques de jeter dehors cette bonne femme malpropre.

Le petit gars s’en retourna bien vite dans l’appentis, et quand sa belle-mère revint à la maison, elle alla voir s’il était là, et le trouva enfermé comme s’il n’était jamais sorti.

— Bien sûr, se dit-elle, il y a là-dessous quelque magie.

Le lendemain, dès le matin, elle fut à confesse et raconta au recteur ce qui lui était arrivé.

— J’irai le voir, dit le prêtre, et je lui ferai avouer le sortilège qu’il emploie.

Il vint dans le champ où était la fontaine et vit le petit gars qui trempait dans l’eau ses croûtes de pain.

— Que fais-tu là ? lui dit-il.

— Je mets à tremper les croûtes de pain moisi que ma belle-mère me donne.

— On prétend que tu as de la magie.

— Ah ! non, monsieur le recteur.