Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/187

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I.

La Coquette et le Diable.


Il y avait une fois à Erquy, il y a bien longtemps de cela, une fille qui s’appelait Adèle Hourdin. Comme elle était pauvre, elle ne pouvait avoir de beaux habits comme les jeunes filles de son âge, et elle était humiliée de ses cotillons tout rapiécés, de ses coiffes de gros fil roux et de ses sabots usés.

Un jour, plus dépitée que de coutume, elle s’écria :

— Je ne peux aller à aucune assemblée, parce que je n’ai pas d’habits ; je me donnerais bien au diable pour en avoir d’aussi beaux que les autres !

Adèle, qui demeurait seule dans une petite maison, avait oublié son souhait : quelques jours après, elle vit arriver chez elle, à.la nuit close, un beau monsieur qui lui demanda si elle était à son aise et si elle avait quelque chose à désirer. Elle,