Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/191

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— Qu’est-ce que le galant que vous avez ?

— Je n’en sais rien et ne le lui ai pas demandé, répondit Adèle. C’est un homme qui est venu me voir. Il me donne tout ce que je veux, et il m’a dit qu’il me prendrait au bout de trois ans.

— Vous avez fait un engagement avec lui ?

— Oui, et il arrive tous les soirs par le grenier.

— Ah ! il vient par le grenier ?

— Oui, il n’entre jamais par la porte qui donne sur l’aire.

— Qu’est-ce qu’il fait avec vous tous les jours ?

— Il se couche avec moi ; mais cela ne me plaît guère, car il a des griffes pointues, et il m’égratigne.

— Malheureuse! s’écria le recteur, vous vous êtes donnée au diable !

— Ah ! non, monsieur le recteur.

— Si ; vous avez dit un jour que vous vous donneriez bien au diable pour avoir de beaux habits ; il vous a prise au mot, et vous êtes perdue. Comment ferai-je pour vous tirer de ses griffes ?

— Ah ! s’écria-t-elle, je n’irai pas coucher chez moi ce soir.

— Si, il faut y aller, car il ne viendrait pas ici. Ce ne sera pas encore aujourd’hui que je vous délivrerai ; mais ayez soin de regarder comment ses pieds sont faits.