Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/194

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



II. Le Diable danseur.

Un jour, dans une noce de campagne, une jeune fille qui, depuis longtemps, était « au hâle, » c’est-à-dire que personne n’avait invitée à danser, s’écria :

— Toutes les autres ont trouvé des danseurs ; j’en veux un aussi, moi, serait-ce le diable !

Peu après qu’elle eut dit ces paroles, un monsieur que personne ne connaissait entra dans la maison, salua la compagnie, et vint inviter la jeune fille. Elle accepta volontiers et n’eut pas à se plaindre de son cavalier, car il dansait mieux qu’aucun des gens de la noce, et, à la fin des figures, il enlevait sa danseuse dans ses bras comme si elle n’avait pas plus pesé qu’un enfant.

Un des assistants remarqua que l’étranger avait les pieds faits comme ceux d’un poulain, et il se hâta d’aller avertir le prêtre. Celui-ci n’était pas fort aise de venir (car, paraît-il, les combats avec le diable sont pénibles pour les exorcistes). Il consentit pourtant à se déranger, et il arriva dans