Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/195

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l’aire de la ferme à un moment où l’on finissait une danse, et où chacun allait boire : le diable prenait sa moque de cidre comme les autres. Le recteur fit avertir la danseuse de venir lui parler, et il lui recommanda, quand son cavalier reviendrait la prendre, de laisser, comme par mégarde, tomber à terre son mouchoir.

La fille rentra et fit ce qui lui avait été ordonné, et comme son danseur se baissait pour ramasser le mouchoir, le prêtre, qui était aux aguets, lui passa vivement une étole autour du cou.

Quand le diable se vit pris, il dit :

— Voilà une chose qui me fait bien du tort : si la fille avait encore dansé quatre contredanses avec moi, je l’aurais emmenée danser ailleurs.

Le recteur lui commanda de s’en aller en fumée ou en vent.

— En fumée, dit le diable, j’étoufferais tous ces gens-ci qui m’ont donné du cidre à boire et qui ont été bien honnêtes avec moi ; j’aime mieux m’en aller en vent.

Il ne fit pas grand mal à la maison ; mais dans un verger qui y touchait, il abattit vingt pommiers.

(Conté par Aimé Pierre, de Liffré.)


On raconte un peu partout, en Haute-Bretagne, des histoires