Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/206

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I. Le Faudeur ou le lutin des Senâs.

Il y avait une ferme où un homme qui couchait dans le grenier à foin était faudé, ou, si vous aimez mieux, foulé toutes les nuits par le Faudeur, qui est le lutin des senâs[1] ; il souffrait d’être ainsi malmené pendant les nuits, et il maigrissait à vue d’œil. Il s’en plaignit à la fermière, qui mit sur le bord d’une petite fenêtre par où passait le Faudeur un godet plein de petits pois.

Quand le lutin arriva comme d’habitude, il entra étourdiment et renversa le godet, et il passa toute la nuit à ramasser les pois ; mais il ne fauda pas le garçon.

Un autre gars qui couchait aussi dans le grenier à foin fut faudé à son tour ; il descendit à l’écurie et fut encore faudé.

Il se dit : « Je vais tâcher d’attraper le lutin ». Et

  1. Senâs, grenier à foin, du vieux français : sanail.