Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/253

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



— Va, lui dit sa mère, frapper à la porte de nos voisins, et demande un sou de clous et un sou de mailles pour clouer ta sœur qui a désobéi.

Il alla à toutes les portes ; mais partout on lui dit qu’on ne vendait ni clous ni mailles. Il revint les mains vides, et sa mère lui dit :

— Je parie, mon pauvre Jean le Diot, que tu eur as dit que c’était pour clouer ta sœur ?

— Ne m’aviez-vous pas dit que c’était pour cela ?

— Eh bien ! puisque tu as été si sot, c’est toi que je vais mettre à bouillir à la place de ta sœur.

Elle fit entrer de force le petit garçon dans une grande marmite sous laquelle était allumé un feu très-vif, et tout en bouillant, le petit gars disait :

Jamais, ma mère, je vous le dis,
Jamais n’irez en paradis.

Peu après la mère mourut ; mais elle revint sur la terre pour chercher la robe de beurre que sa fille avait vendue. Elle se présenta à la pâtissière qui, en voyant cette morte apparaître, mourut de peur.

(Conté par Constance Delahaye, d’Ercé, âgée de treize ans.)


L’épisode de l’enfant tué par ses parents se retrouve dans les Souliers rouges, n° LX des Contes populaires, et dans les Petits Souliers rouges du présent volume.