Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/29

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— Ah ! mon Dieu, s’écriait-elle en pleurant, mon pauvre petit gars va mourir !

Elle entendit un bruit sourd qui venait de la cheminée, comme si quelqu’un heurtait par en dessous les pierres du foyer, et en même temps une voix disait :

— Ton enfant a le croup ; lève-toi, et viens ici ; je vais te donner quelque chose pour le guérir.

Cette fois Agnès eut peur, et son premier mouvement fut de se blottir sous ses couvertures ; mais elle pensa à son enfant qui souffrait, et elle reprit courage. Elle sauta à bas de son lit, et ayant allumé une chandelle, elle vit remuer une des pierres du foyer, qui se leva lentement ; elle aida à la soulever, et quand la pierre ne toucha plus la terre que par un côté, une main passa par le trou béant, et elle présenta à Agnès une petite bouteille :

— Frotte ton enfant à la gorge et à la poitrine avec cette liqueur, dit une voix qui venait de dessous terre, et conserve soigneusement cette bouteille.

La pierre du foyer retomba et, à la voir, on n’aurait pas cru qu’elle eût jamais été bougée de place. Agnès se hâta de frotter son petit gars, qui aussitôt cessa de se plaindre, et ne tarda pas à être guéri. Elle était si contente qu’elle ne put