Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/292

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La dérobée est la plus originale des danses encore en usage dans le pays gallot. Elle se danse vers Saint-Brieuc, et surtout vers Loudéac, où elle est en quelque sorte la danse nationale.

Voici, à ce sujet, une très-curieuse note que je dois à l’obligeance de Madame veuve Louis Texier, originaire de Loudéac, et qui expliquera mieux que je ne pourrais le faire les différentes manières de danser la dérobée :


« Très-ancienne manière de danser la dérobée, qui est encore en usage dans les communes de Plémy, de Plessala et de Plouguenast.

« Pendant qu’on chante le couplet, le danseur donne le bras à sa danseuse, et on fait une marche en mesure autour de la salle de bal, en se suivant tous les uns les autres.

« À la première mesure du refrain, le danseur et la danseuse, l’un vis-à-vis de l’autre, font un balancé.

« En suivant la mesure de la chanson, quand il y a plus de danseurs que de danseuses, ces premiers dérobent les danseuses des autres. À la dernière mesure du refrain, étant placé derrière un couple, le dérobeur, donnant un coup d’épaule au danseur et le poussant légèrement, prend le bras de la danseuse et continue la danse avec elle. »


« Autre manière. — Marche pendant le couplet, ainsi que pour la première manière. Au refrain, le danseur prend les deux mains de sa danseuse, et ils dansent ainsi l’un devant l’autre, sautant deux fois sur le même pied alternativement, et toujours avec la plus grande mesure. Au moment où le danseur va prendre la main de sa danseuse pour la poser sur son bras, le dérobeur doit le devancer dans ce mouvement, et continue à danser avec la danseuse qu’il a ainsi dérobée.

« On remplace maintenant les deux premières manières par la chaîne, que l’on peut danser à quatre, à six, à huit, etc. Le dérobeur doit se tenir au bout de la chaîne et présente la main à la danseuse qu’il veut dérober. »