Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/31

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queur, il se trouva guéri, et cette fois elle ramassa soigneusement la bouteille dans son armoire.

À quelque temps de là, Agnès entendit la nuit un chant qui sortait de sous terre ; il était si doux et si mélodieux que rien qu’à l’écouter elle tombait en extase ; il y avait bien trois ou quatre voix qui chantaient à l’unisson, et elle alla chercher sa voisine pour l’entendre. La nuit suivante, un violon joua plusieurs airs.

Tous ces prodiges donnaient à penser à Agnès, qui se disait :

— À quelque jour, ils monteront tous ici, et arriveront dans ma maison par le trou du foyer.

Toutefois elle reprenait de l’assurance en songeant que les habitants de la houle ne lui avaient jamais fait que du bien. Et elle pensait à sa vache et à ses deux moutons qu’on lui avait volés pendant qu’il paissaient dans les champs.

— Il faudra, se disait-elle, qu’à la première occasion je demande aux fées qui me les a dérobés ; sûrement elles me le diront bien si elles veulent.

Une autre nuit, elle entendit une voix qui disait :

— Commère, as-tu du feu ?

— Oui, répondit Agnès ; à votre service.

Et voilà la pierre du foyer qui se soulève ;