Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/35

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Gaulehen, qui est au milieu de la lande aride de Fréhel, et elles étendaient sur les gazons qui l’entourent leurs linges qui étaient les plus blancs qu’on pût voir. Celui qui aurait pu arriver jusque-là sans remuer les paupières aurait eu la permission de s’en emparer ; mais aucun de ceux qui ont tenté l’aventure n’a pu y réussir, et dès qu’ils avaient remué les paupières le linge devenait invisible.

(Conté par Scolastique Durand, de Plévenon, 1879.)


Plusieurs récits parlent du pain des fées « qui ne diminue point, » si on a la précaution de ne le partager avec personne. (Cf. XVII, l’Enfant de la Fée, et ci-après la Houle de Poulifée.)


Les fées de la houle de la Teignouse, qui est aussi en Plévenon, avaient un bœuf qui pâturait sur la lande ; un jour, il s’en écarta et passa en dommage à travers les blés. Les cultivateurs qui avaient été lésés vinrent se plaindre aux fées, qui pour les dédommager leur donnèrent un belle gâche de pain, en leur disant :

— Voici pour vous dédommager du tort que le bœuf vous a fait, et le pain ne diminuera point tant que vous le mangerez entre vous ; mais il disparaîtrait si vous en donniez une seule miette à un étranger.

Le pain dura deux ans : au bout de ce temps, il disparut, parce qu’on en avait coupé un morceau pour un mendiant.

(Conté par Scolastique Durand, 1879.)