Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/386

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semble calqué sur un dicton bien connu, qui attribue aux anguilles de Melun la même sensibilité. M. Fourtier, dans ses curieux Dictons de Seine-et-Marne, p. 48, conte, au sujet de l’origine de ce proverbe, l’histoire suivante :

« Le 25 août 1480, jour de la feste du très-doulx et redoubté Louis onziesme, » un mystère intitulé : la Dolente mort de Monsieur saint Barthélémy, était représenté à Melun sur la place du Martroy, en présence d’un populaire immense. Les scènes se déroulaient pour la plus grande édification de tous, quand un nommé l’Anguille, qui remplissait le rôle de saint Barthélémy, pris de frayeur à la vue du bourreau qui s’avançait sur lui les mains armées de tenailles énormes, rassembla ce qui lui restait de forces pour s’écrier : « Grâce! grâce ! monsieur le bourrel. — Eh ! l’Anguille crie avant qu’on ne l’escorche, » proférèrent les assistants au milieu d’un tonnerre d’applaudissements. C’en était fait et de l’Anguille et du mystère : un nouveau proverbe était créé. »

58.

I’ li a fait des crêpes o sa farine. (M.) — Il lui a fait une politesse avec son bien.

59.

I’ met tout en avalouère et ren en surdos. (Ploubalay.) — Image empruntée au harnachement des chevaux : il met tout à manger, rien à s’habiller.

La réplique existe :

60.

I’ met tout en surdos et ren en avalouère. — Il dépense tout à s’habiller et rien à manger.