Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/67

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II

LA POUILLEUSE.


Il était une fois un roi qui avait deux filles qu’il chérissait de tout son cœur. Quand elles furent grandes, il lui prit fantaisie de savoir si elles l’aimaient, en se disant qu’il donnerait son royaume à celle qui, par ses paroles, lui témoignerait le mieux son affection.

Il fit d’abord venir l’aînée des princesses et lui dit :

— Comment m’aimes-tu ?

— Comme la prunelle de mes deux yeux.

— Bien, dit le roi en l’embrassant tendrement ; tu es une fille dévouée et aimante.

À la cadette qui vint ensuite, il demanda comment elle l’aimait :

— À mes yeux, mon père, répondit-elle, vous êtes aussi aimable que le goût du sel dans les aliments.

Le roi, contrarié de ces paroles, ordonna à sa fille de quitter la cour et de ne jamais reparaître