Page:Pauthier - Le Ta-Hio, ou la Grande Étude, 1832.djvu/6

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verum-facere) leurs intentions ; — désirant purifier leurs intentions, ils commençaient par perfectionner leurs connaissances ; perfectionner ses connaissances, c’est pénétrer la nature (ou l’origine et la fin) de toutes choses[1].

§ V. La nature des choses étant pénétrée, la connaissance de l’esprit sera ensuite parfaite ; — étant devenue parfaite, les intentions seront ensuite purifiées ; — les intentions étant purifiées, le cœur sera ensuite rectifié ; — le cœur étant rectifié, la personne sera ensuite ornée (corrigée) ; — la personne étant ornée, la famille sera ensuite bien administrée ; — la famille étant bien administrée, le royaume sera ensuite bien gouverné ; — le royaume étant bien gouverné, alors tout ce qui est sous le ciel sera tranquille et heureux[2].

§ VI. Depuis le fils du ciel (l’Empereur de la Chine) jusqu’au dernier du commun des hommes, devoir égal pour tous : orner

  1. « Ceux qui rendent à sa pureté primitive et remettent en lumière dans tout l’empire la nature rationnelle de l’homme, ou cette faculté vertueuse reçue du ciel en naissant, font en sorte que tous les hommes puissent rappeler leur nature ou faculté vertueuse à sa pureté primitive. Le cœur, ou le principe intelligent, est ce qui commande au corps, ou à la personne, à l’individu organisé… La nature des choses s’entend des actions, des affaires de la vie humaine. Ces huit choses sont les catégories ou les classes distinctes (Tiaô-mo) de la Grande étude. » Tchou-hi.
  2. « La nature des choses, c’est leur principe rationnel d’existence scruté dans son essence la plus intime à laquelle on peut atteindre. La connaissance perfectionnée de l’esprit, c’est le moyen de connaître notre intelligence, porté à sa dernière perfection. Connaître et ensuite épuiser tous les moyens de connaissance, c’est par ce procédé que les intentions ou la volonté peuvent atteindre à la pureté ou à l’état de vérité immuable, etc. » Tchou-hi.

    Confucius, dans les deux paragraphes précédens, procède par la voie de la synthèse et de l’analyse. La méthode, qui indique la droiture de l’esprit et l’exercice du jugement, se montre ici dans toute sa simplicité. À défaut du syllogisme régulier, la formule logique que l’on nomme sorite y est exprimée avec précision ; c’est un véritable procédé d’esprit philosophique. « Les Lettrés, dit un écrivain chinois, regardent ce paragraphe comme un précis sublime de tout ce que la philosophie, la politique et la morale ont de plus lumineux et de plus indubitable. »