Page:Pavlovsky - En cellule, paru dans Le Temps, 12, 19 et 25 novembre 1879.djvu/49

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— Voulez-vous rentrer dans votre cellule, s’il vous plaît !

J’obéis : je me traînai dehors et le suivis. On avait chauffé ma cellule ; la lampe était allumée, le dîner sur la table, mais je n’avais pas faim et me mis, aussitôt rentré, au lit.

Pendant la nuit je m’éveillai avec un horrible mal de tête. Il me semblait être dans une fournaise et en même temps des frissons glacés me passaient dans le dos. Des cercles de feu tourbillonnaient devant mes yeux ; puis j’avais froid : je m’enveloppais dans mes couvertures sans pouvoir me réchauffer. Tout à coup je vois entrer Pakhomof dans la cellule ; mais ce n’est plus la même, c’est une autre plus grande et dont le plancher est en terre battue. Pakhomof m’apporte mes habits en me disant :

— Habillez-vous ; il est temps de marcher à l’échafaud !

— Est-il vraiment temps ?… veux-je demander ; mais mon cœur s’arrête soudain… Je jette un regard autour : ma cellule n’est pas changée ; la porte en est close comme de coutume. Ai-je rêvé ?