Page:Peguy oeuvres completes 06.djvu/289

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La perle qui descend sur sa joue attendrie,
Et la perle qu’il boit sur sa lèvre appauvrie,
Voilà ses beaux cristaux et sa joaillerie ;

Les armes de Jésus c’est la verte couronne,
C’est ce front que l’amour et la grâce environne,
Et l’éternelle fleur qui sur sa peau fleuronne ;

La perle qui descend sur sa face amoindrie
Et qui vient humecter sa langue rabougrie,
Voilà son coffre-fort et sa bijouterie ;

Les armes de Jésus c’est notre forfaiture,
Les clous et le marteau, la robe sans couture,
L’homme, l’ange et la bête et la double nature ;

Les armes de Satan c’est la jobarderie.
C’est le scientificisme et c’est l’artisterie,
C’est le laboratoire et la flagornerie ;

Les armes de Satan c’est notre forfaiture.
C’est d’avoir dispersé la robe sans couture,
C’est la bête sous l’ange et la double nature ;

Les armes de Satan c’est la bouffonnerie,
Et c’est le moraliste et son infirmerie.
Et la haute éloquence et sa pâtisserie ;