Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/108

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tre mille ans en arrière ? Montrez-moi seulement que votre nature, éternellement progressive, ait donné, par le travail de ce prodigieux écoulement de siècles, un organe, un doigt, une dent, un cheveu de plus à sa créature favorite, une ligne à sa stature ! … Non, rien ! pas même un atome de matière organisée de plus à son usage. Tel il est, tel il fut, tel il sera, jeté comme une argile pesée par la même main dans le même moule. »

Non, sans doute, le progrès n’ajoute au corps de l’homme aucune excroissance en post-scriptum, ni un muscle, ni un ongle, ni un pied, ni une dent, ni un cheveu, parce qu’il n’en voit pas la nécessité ; et il n’en voit pas la nécessité parce que la Providence ayant créé le type humain virtuellement parfait, c’est-à-dire en équilibre parfait de moyen et de destinée, il n’a pas à refaire le type de notre berceau sur un autre étalon, il a seulement à le continuer en le développant dans la limite de notre organisme.

À chacun son œuvre. Est-ce que le progrès a jamais eu la prétention de glisser dans le corps des sens imprévus ? Non, mais d’apporter aux sens existants plus de sensations ;

De superposer à la machine des rouages supplémentaires ? Non, mais de communiquer aux rouages actuels plus de puissance d’action ;

D’introduire dans l’intelligence des variétés inconnues de facultés ? Non, mais d’illuminer les facultés consacrées de plus de connaissances.