Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/147

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d’un jour, sur un grain de poussière ? une idée trop modeste en vérité ; nos pères croyaient que le ciel était une coupole de lapis, semée par raison d’ornement d’une multitude innombrable d’étoiles. Dans ce système la terre, surface plane fermée par l’abîme dans toute sa circonférence, posait sur pivot au centre de la coupole. Le soleil, vagabond du ciel, figurait quelque chose comme un char de feu qu’un dieu en sous-ordre menait chaque jour, à grande guide, d’Orient en Occident. Une fois en frais d’imagination, l’antiquité mit couramment un dieu de faction partout où elle voyait à l’œuvre une force de la nature ; entendait-elle le nuage tonner, un dieu roulait la foudre ; le flot mugir, un dieu secouait son trident ; le volcan frémir, un dieu battait l’enclume ; un fleuve murmurer, un dieu versait son urne du haut de la montagne. L’explication était poétique assurément et commode, pour commenter le drame du monde sans autre peine que de chercher à chaque épisode de vie un nouveau nom d’acteur ; mais était-elle suffisante pour rendre raison à l’esprit de la majesté de l’univers ?

Quoi ! un homme hier — car qu’est-ce qu’un siècle à l’horloge de l’éternité ? à peine un tour d’aiguille ; un homme, dis-je, a envoyé du fond de l’abîme, à travers l’immensité, sa pensée peser le monde et surprendre à Dieu les lois de la gravitation. Quoi ! cet autre a restitué à la planète sa place dans l’univers, et tracé du bout du doigt dans l’espace la forme de son ellipse ; quoi ! cet autre a exhumé du sol le registre de