Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/249

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indéfini, même continu, est un fait heureux, un fait méritoire, le Mens divinior et comme le feu sacré du génie de l’humanité. Vous le dites, et votre belle vie, jetée en gage à toutes les grandes causes, le dit encore plus haut ; car elle n’a été, du premier au dernier jour de la liberté, qu’un perpétuel commentaire en action de cette pensée éminemment religieuse, que nous nous devons tous sans exception, faibles ou forts, tous à notre rang et dans notre mesure, tous de notre sang et de notre temps au développement de la commune famille en intelligence et en moralité, en dignité et en démocratie.

Mais à peine avez-vous fait cette concession à votre cœur, à votre vie, à votre gloire, cette part de Dieu en vous plus qu’en personne, que la voix du système prend à son tour la parole pour rudoyer la doctrine du progrès, l’éconduire de votre présence, — fantôme, que me veux-tu ? — et la traiter avec la même irritation nerveuse, la même touche, que Pascal, sans cesse tourné et retourné sur le lit de son doute, au bord de son gouffre, traitait autrefois la raison elle-même, pour en finir avec l’éternelle obsession de la logique et mettre ses contradictions d’accord — comme le duel, en égorgeant l’une des deux parties.

« Un écrivain, dites-vous, me reproche d’avoir désespéré du monde, d’avoir découragé l’esprit humain de sa sainte aspiration au progrès ; d’avoir exhumé, dans une lecture de l’Imitation et ailleurs, ce qu’il appelle