Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/45

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« L’infini dans le temps et dans l’espace constituant la personnalité de Dieu et reposant exclusivement en Dieu, ne peut naître de la multiplicité ni tomber dans la division[1]. »

Notre Dieu, dites-vous, est un Dieu inerte relégué dans l’indifférence de l’abstraction ; mais voici encore la réponse que je faisais d’avance à ce reproche dans le même chapitre :

« Dieu est l’être vivant, actif de toute éternité, qui rayonne sans cesse en vie et en action travers l’incommensurable profondeur de l’espace[2]. »

Nous définissons l’homme de telle sorte, à vous entendre, que nous en faisons à peu de chose près un concurrent du végétal. Je suis étonné, ajoutez-vous, que les philosophes, en cherchant une définition de l’homme, n’aient pas trouvé avant tout celle-ci : L’homme est le prêtre de la création.

Or c’est précisément la formule, que pour mon compte particulier j’ai hasardée depuis longtemps, non que je la croie la seule vraie, la seule juste, mais parce que je la crois vraie, je la crois juste pour un côté donné de l’homme, son instinct de religion.

« Tel est l’homme prêtre du monde, ai-je écrit, témoin et interlocuteur de Dieu sur la planète. Avant son apparition, Dieu connaissait la terre sans doute, mais la terre ne se connaissait pas en

  1. Profession de foi du dix-neuvième siècle, 3° édition, p. 6.
  2. Id., p. 9.