Page:Pelletan - Les Associations ouvrières dans le passé.djvu/110

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pour pouvoir perdre trois mois ou un an, sans rien gagner. Mais ceci n’est encore rien. Le grave, c’est que le « chef-d’œuvre » une fois achevé sera soumis à un jury composé précisément des « patrons, » qui ont intérêt à limiter la concurrence, en refusant l’ouvrier. Si le chef-d’œuvre n’est pas jugé bon il faudra le recommencer ; il peut être indéfiniment rejeté ; et ce n’est pas là une supposition : le nombre des procès faits par des ouvriers qui se prétendaient refusés à tort et qui ont gagné leur cause prouve suffisamment que le principal but du chef-d’œuvre était de fermer la maîtrise aux travailleurs.

À qui reste-t-elle ouverte ? Aux fils des patrons, qui, eux, n’étaient pas refusés. Voilà les classes bien marquées. — On dirait presque les castes.

L’institution du chef-d’œuvre ne se fit