Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 48.djvu/340

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[1652] MÉMOIRES

Honoré, en chamailles entre ceux qui portoient de la paille et du papier ; et, dans ce petit jeu, quelques-uns y furent fort mal menés.

Le lendemain mercredi 25, on envoya dire à M. Le Prévôt qu’à la prière du sieur Le Vieux, ancien échevin et procureur du Roi de la ville, ils avoient remis l’assemblée au samedi suivant, à la charge que sur l’heure même ils partiroient pour aller en cour demander au Roi son retour à Paris, à quoi ils s’étoient accordés ; et on donna dans le même temps ordre aux colonels des portes de ne laisser entrer aucun soldat, et de ne point laisser sortir de vivres ni de munitions de guerre pour les Lorrains, ni pour l’armée des princes.

L’après-dînée, les colonels s’assemblèrent chez M. de Sève-Chastignonville[1], qui travailloit parfaitement dans son quartier pour le service du Roi, et ils résolurent d’envoyer des députés à Sa Majesté, quoique M. d’Orléans ne le voulût pas ; et comme ils étoient sur le point de se lever, M. Ladvocat[2], lieutenant colonel de M. de Menardeau-Champré, conseiller de ville, entra dans l’assemblée, et la supplia très-instamment de surseoir leur députation jusqu’au samedi suivant, et qu’alors le corps de ville se joindroit à eux pour suivre leur sentiment, et enverroit dire au Roi, de sa part, avec leurs députés, tout ce qu’ils jugeroient à propos, et ne feroit rien qui ne fût conforme à la volonté des colonels, et tout-à-fait dans le service

  1. De Sève-Chastignonville : Il étoit le plus ancien des colonels de la ville de Paris. (Voyez les Mémoires du cardinal de Retz, page 190 du tome 46 de cette série.)
  2. M. Ladvocat : Beau-frère d’Arnauld de Pomponne.