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[1652] MÉMOIRES

lui disant toujours qu’il étoit si bon, qu’il étoit le protecteur des pauvres et des affligés, etc. Enfin se tournant vers elle, il lui dit : « M’amie, vous savez mon logis, venez-y m’y trouver ; et si vous avez quelque chose à me dire ou à me demander, j’ai des oreilles pour vous ouïr, et des bras pour vous bien faire. » Croyant avoir dit une fort belle chose.


Ce 8 mai 1652[1]


Dimanche 5 mai après midi, un maréchal de bataille de l’armée de messieurs les princes, nommé M. Despouïs, arriva pour leur apprendre ce qui s’étoit passé entre les deux armées. Voici ce qu’il en dit : Mademoiselle ayant quitté Orléans pour venir à Paris, passa par Étampes. L’armée des princes qui y étoit fut rangée en bataille, pour la lui faire voir, sur une petite colline, derrière laquelle M. de Turenne s’étoit venu loger dans un fond, sans avoir été aperçu, et sur l’avis qu’il avoit eu de ce qui se passoit. Mademoiselle étant partie, messieurs de Tavannes, de Clinchant, et les autres hauts officiers, l’accompagnèrent quelque temps, n’étant resté d’hommes de commandement que ce M. Despouïs, lequel voyant que ces troupes qui paroissoient derrière la colline n’étoient pas une simple escorte pour Mademoiselle, comme on l’avoit cru d’abord, mais toute l’armée du Roi, ou pour le moins une bonne partie, envoya deux fois, coup sur coup, à ces officiers, pour les avertir de revenir en diligence.

  1. Manuscrits de Conrart, tome 17, page 773.