Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/10

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DU MARÉCHAL DE GRAMONT. [l<)58] J

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Le prince de Lobkowitz ne se rendit pas pour cela, et revint une seconde fois à la charge en les priant de lui envoyer quelqu’un de confiance, et que peut-être les choses se pourroient ajuster à leur satisfaction ; mais quoiqu’ils fussent très-persuadés que de semblables conférences ne pouvoient aboutir rien, ils ne laissèrent pas d’y envoyer l’abhë Bouti, qui lui exposa leurs sujets de plaintes. Le prince de Lobkowitz lui dit des raisons qui lui paroissoient bonnes pour justifier la conduite du feu Empereur et de son maître, desquelles néanmoins ils ne voulurent pas se payer et, pour conclusion, ils jugèrent à propos de couper court à une négociation où ils voyoient bien qu’il n’y avoit rien à gagner pour eux. Les ambassadeurs d’Espagne marchoient avec le roi de Hongrie et passant par Wurtzbourg et AschafFenbonrg, lieux appartenant à l’électeur de Mayence, l’électeur leur envoya faire les complimens qui se devoient à un prince qui venoit dans l’espérance d’être élu empereur, et à des ministres d’un aussi grand roi que celui d’Espagne.

Il est à croire qu’ils en eussent bien désiré qui s’expliquassent mieux et plus clairement que ceux qu’ils reçurent. Mais, quoi qu’il en soit, Peneranda soutint toujours que, seulement à quatre lieues de Francfort, l’électeur de Mayence lui avoit fait preposer de traiter de la paix entre la France et l’Espagne, par la médiation du collége électoral à quoi il avoit répondu dès-lors qu’il n’avoit nul pouvoir pour cette affaire, et que le seul ordre qu’il eût reçu en partant d’Espagne étoit celui d’assister à la diète près la personne du roi de Hongrie ce qui vouloit