Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/101

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t6~j MÉMOIRES

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À mon arrivée à Bayonne, je trouvai les choses encore en pire état que le Roi ne me les avoit dépeintes ; mais heureusement il n’y avoit aucun vaisseau encore d’arrivé au Passage, ce qui me donna quelque soulagement, et un peu d’espoir de prévenir le coup funeste qui menaçoit cette importante place ; et bien que je ne fusse pas un homme fort important, ma présence ne laissa pas de produire un bon effet. Je commençai premièrement par ce qui me parut être le plus nécessaire, qui étoit la réparation des brèches et de fermer la ville ; ce qui fut fait en quatre jours, au moyen de la quantité de travailleurs que je mis en œuvre, lesquels travailloient de bonne voile, sans même vouloir d’argent. Je fis faire une espèce de chemin couvert, creuser les fossés, mettre les canons sur des’aiïuts l’on m’apporta des armes du Béarn. J’avois dépêché à Toulouse, en passant, un courrier à Duteron, intendant de marine à Rochefort, et mon ami intime, pour lui faire part de l’extrémité où je me trouvois, n’ayant pas de quoi tirer un coup de mousquet, faute de poudre, et de m’en envoyer incessamment par une frégate légère ; que j’avois ordre du Roi de lui en demander, et que j’allois vraisemblablement être attaqué ; que tous les momens étoient précieux et qu’il ne pouvoit, faire trop de diligence, parce que la flotte des ennemis arrivée au Passage, rien ne pouvoit plus entrer par mer dans Bayonne. Je fus servi à souhait ; et le sixième jour de mon arrivée, la frégate que j’atten dois entra vent arrière dans la rivière, et m’apporta deux cent milliers de poudre et trois mille fusils, qui furent les très-bien reçus.