Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/106

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UU MARÉCHAL DE GRAMONT. ~t6~~] !o3

à finir la vie du maréchal de Gramont. Quand je fus de retour à la cour, le Roi m’ordonna de mander au maréchal de Gramont que, pour peu que sa santé lui permît, il vouloit qu’il ne passât pas l’hiver à Bayonne, et qu’il revînt près de sa personne ordre auquel il obéit volontiers, car il aimoit passionnément le Roi, auprès de qui il avoit passé partie de sa vie, et ne s’accommodoit guère de celle qu’on mène en prevince, peu convenable à un courtisan tel que lui. I) fut reçu à merveille, et toujours avec une sorte de distinction de la part de son maître ; mais comme il commençoit à être sur l’âge, que la cour étoit toutfait différente de ce qu’il l’avoit vue, que le comte de Guiche son fils amé étoit mort, qu’il se trouvoit sans charge, et que je n’en avois point ; que les vieillards sujets à des incommodités, de quelque bon esprit qu’ils puissent être, deviennent souvent incommodes’ aux jeunes gens, et qu’au lieu de les rechercher on les évite ; que cette affluence de monde, qui autrefois ne bougeoit de chez lui, n’y venoit plus que par un reste de bienséance, et que parfois il se trouvoit seul, et réduit à la méditation, chose qui lui noircissoit l’humeur tout cela le frappa, et fit une telle impression sur lui, qu’il résolut, en homme sage qu’il étoit, de mettre un intervalle entre la vie et la mort, et de quitter la cour, bien qu’il ne fût point scrupuleusement dévot, pour achever le reste de sa carrière chez lui avec tranquillité et douceur.

[’6~] Le Roi partit au mois de février de l’année 16~, pour aller faire les sièges de Valenciennes et de Cambray ; et le maréchal de Gramont, sur le prétexte du risque que Bayonne avoit couru il y avoit deux ans,