Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/109

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to6 KHLATfON

Rhin est coupé par tant de fossés et de canaux, qu’il faut toujours donner)e travail d’une journée à faire la communication du coupement de l’armée, lors même qu’elle ne trouve aucun autre obstacle que celui de la nature. Les ennemis avoient donc aplani un chemin le long du Rhin/pour la communication des corps qui y étoient campés ; et pour que le chemin ne put être utile qu’à leurs troupes, ils ne lui avoient donné d’ouverture que celle du front d’un escadron ordinaire. Ainsi)e derrière et le flanc de leurs postes étoient couverts par des fossés, des haies vives et des claies à hauteur d’appui, entrelacées et arrêtées dans la terre par des pieux fichés fort avant ; et c’est ainsi que le bord des digues se trouve appuyé, et que tous les champs des particuliers sont divisés les uns des autres. Du reste, leur camp étoit assuré par le front du Rhin qui leur servoit de fossé. Il est vrai que le retranchement, ou pour mieux dire le parapet, qu’ils avoient derrière n’étoit pas continué depuis A rnheim jusqu’au fort de Schenk, d’autant que le pays étant bas et coupé de l’autre côté, ils ne s’étoient retranchés qu’a la tête des digues et des chemins par où les armées étoient aussi forcées d’aborder. Sur quoi l’on peut dire que leurs mesures n’ont pas été plus justes que dans tout le reste, et qu’on ne les peut excuser ni sur leur paresse à travailler davantage avec le grand nombre d’hommes dont ils étoient les maîtres, ni sur la confiance qu’ils avoient prise aux avantages de la situation de leur pays, parce que la diligence et la vigueur de troupes courageuses peuvent toujours surmonter ce que l’art n’a pas perfectionné.

M. le prince ayant reconnu du haut de la montagne, et étant informé d’ailleurs de la disposition des troupes ennemies, jugea d’abord qu’il passeroit dans le Betaw, et qu’il leur feroit quitter l’Issel d’autant plus aisément, qu’ayant cru le passage du Rhin impossible entre deux grosses places toute leur application étoit à défendre fisse !, que la sécheresse avoit rendu guéable presque dans tout son cours. Il manda à l’instant son avis au Roi, qui lui donna un rendez-vous auprès de Rées, où Sa Majesté étoit avancée. Il fut résolu qu’on tenteroit le passage, que le Roi viendroit à la tête de notre armée, et que M. le prince disposeroit toutes choses pour cette entreprise. Sur cela il fit partir Saint-Abre, qui étoit de