Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/51

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jeune, galant et amoureux, il n’étoit pas à propos qu’il entrât à Madrid d’autre façon que comme un courrier qui venoit par la voie la plus prompte témoigner à l’infante l’impatience et la passion de son maî-. tre (ce qui plut infiniment aux Espagnols, qui n’avoient point encore perdu l’idée de l’ancienne gatanterie des Abencerrages), ainsi il fit au galop tout le chemin qu’il y a depuis la porte de la.ville jusques au palais.

Comme il falloit se conformer à l’équipage auquel il se trouvoit et à l’aQaire qu’il venoit traiter, le maréchal disposa lui-même toute sa troupe, afin qu’il n’y eût aucune confusion, et Ht marcher à la tête le lieutenant des postes, et les six maîtres courriers suivis des huit postillons, qui faisoient un bruit de tous les diables avec leurs cornets, qui an-ouçoient la venue des courriers. Après venoit le lieutenant générât, derrière lequel le maréchal alloit tout. seul six pas après marchoit toute la quadrille française, qui certainement ne faisoit pas de honte à l’ambassadeur, car ceux qui la composoient étoient faits à peindre, et vêtus d’une magnificence surprenante. Le maréchal entra par la porte du Prade, qu’il traversa d’un bout à l’autre, et passa de là dans la Calie Mayor. Il y avoit partout un si grand nombre de carrosses, disposés pourtant avec un tel ordre qu’ils n’empêçhoient pas sa course, et une quantité de monde si prodigieuse, que les rues, qui sont très-larges, et les balcons, qui sont à toutes les maisons jusques au quatrième étage, ne la pouvoient contenir.

Il est aisé de s’imaginer beaucoup de monde et une quantité innombrable de carrosses dans une ville