Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/54

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DU MARÉCHAL DE GRAMONT. [t65c)]

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de gens de la plus grande qualité. Bien que la parure de tous ces messieurs-la ne fût pas des plus brillantes, il y avoit néanmoins un air de grandeur et de majesté que je n’ai vu nulle part. Le Roi se leva quand il vit paroître le maréchal, et le salua du chapeau et quand !e maréchal fut à vingt pas de sa chaise, il lui fit les trois révérences accoutumées ; puis s’étant approché tout seul de la personne du Roi, il lui fit le discours suivant

« SIRE,

« Le Roi mon maître m’envoie à Votre Majesté pour lui témoigner l’extrême joie qu’il ressent de voir que Dieu a béni les saintes intentions que Vos Majestés ont toujours eues de donner fin à une si longue guerre, le repos non-seulement à ce grand nombre de peuples qui leur sont soumis, mais à toute la chrétienté, qui soupire depuis si long-temps après un si grand et si nécessaire ouvrage et parce que le Roi mon maître ne souhaite rien davantage qu’une bonne et durable union entre Vos Majestés, il a cru que rien ne la pouvoit mieux établir qu’en demandant, comme je fais en son nom à Votre Majesté, la sérénissime infante dona Maria-Thérésa, fille amée de Votre Majesté, en mariage l’assurant que l’estime particulière qu’il fait des rares qualités dont la sérénissime Infante est douée, jointe.à l’éclat et la grandeur de sa naissance, lui font souhaiter, avec un désir passionné et une impatience extrême, l’accomplissement d’un mariage qui doit remplir l’univers de joie, effacer la mémoire de tant de calamités publiques, réunir les cœurs de Vos Majestés par le lien le plus doux et le plus ferme

4.