Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/69

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[’65g] MÉMOIRES

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extrême. Le maréchal lui demanda la permission de séjourner quelques jours à Bidache pour vaquer a quelques affaires domestiques qu’il y avoit ; après quoi il partit en toute diligence pour rendre ses lettres, et compte de sa légation à Leurs Majestés, dont il fut reçu avec tous les agrémens possibles, et les témoignages de satisfaction qu’il pouvoit espérer. I) est aisé de croire qu’il fut assez particulièrement questionne sur la personne de l’infante ses réponses furent sans exagération, et il eut l’avantage, après que le Roi l’eut vue, de s’entendre dire par Sa Majesté qu’il n’y avoit rien de plus exact que le portrait qu’il lui avoit lait d’elle. Et, à dire vrai, c’eût été un méchant moyen de faire sa cour, que de vouloir commencer a fasciner des yeux qui devoient bientôt juger clairement de la réalité de ses paroles. J’ai cru devoir en cet.endroit interrompre la relation de ce qui se passa pour l’accomplissement du mariage du Roi, pourdonner les remarques suivantes. On peut s’assurer qu’elles sont justes, et pourront servir à ceux qui les verront un jour pour connoître parfaitement la manière dont la monarchie d’Espagne se gouvernoit du temps de Philippe rv, et les caractères des personnes principales de sa cour. La distribution des tribunaux suprêmes qui résident à la cour d’Espagne près de Sa Majesté Catholique a différentes origines, pour avoir été formés selon l’occurrence des temps, les réunions des royaumes, et les conquêtes qui ont été faites.

Mais d’autant que les rois catholiques ont voulu donner à connoître que leur premier égard a été celui de la religion, il sera bon avant toutes choses de par-