Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/7

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


165~] MÉMOIRES

4

leur tête, puis se mêloit avec les ennemis comme un simp)e soldat. Les hommes capables d’en user ainsi sont bien redoutantes.

Son ambition démesurée lui faisoit quelquefois concevoir des chimères mais il ne laissoit pas de les exécuter, et tout le monde lui a vu mettre à fin des entreprises étonnantes, dont celle d’avoir fait-passer un bras de mer a son armée sur la glace pour combattre ses ennemis, qui se croyoient de l’autre côte en-grande sûreté, sera dinicitement crue de ceux qui viendront après nous et dans les occasions où il se trouvoit pressé d’un nombre infini d’ennemis qui le devoient accabler, comme on Fa vu en Pologne, il s’en démêloit, ou par miracle, ou par la force de son bras ou de son esprit. Du reste, nulle parole, et aussi peu de reconnoissance pour les gens à qui il avoit les dernières obligations, et qui se sacrifioient pour lui. Ce prince étoit emporte dans le vin, dont il prenoit à outrance, et avoit Je défaut dans ces momens de se trop découvrir, comme i) parut en une débauche qu’il fit avec d’Avaugour, ambassadeur du Roi près de lui, auque ! il dit ces paroles avec une cordialité suédoise et pleine de vin « Tu es un très-bon et très-vateureux gentilhomme, quej’aimerois tout-a-fait, sans « une qualité que tn as c’est que tu es né Français. » Le lendemain, après avoir dormi sur sa sottise, . il voulut la raccommoder, et fut trouver Avaugour dans son logis, pour lui témoigner le déptaisir qu’il avoit d’un discours que le vin lui avoit fait tenir la veille, et sur loquet il croyoit qu’il n’auroit fait aucune réflexion mais Avaugour, qui étoit ferme, haut, hardi, et qui aimoit son maître, lui repartit sur-le-champ