Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/83

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t65O] MÉMOIRES

Re

muns mais la raison qui empêche que les Espagnols n’en guérissent presque jamais est la paresse qu’ils ont à se faire traiter ; et l’ignorance crasse de leurs chirurgiens car, du reste, je crois qu’il y a autant de danger de prendre du mal à Paris qu’à Madrid. La sûreté par les rues y est grande, et l’on s’y promène seul la nuit sans danger, avec sa rondache et sa lanterne car pour des flambeaux, ni le connétable ni l’amirante n’oseroient en faire porter.

L’indévotion de quelques Espagnols, et leur mascarade de religion est une chose qui ne se peut comprendre et rien n-est plus risible que de les voir à la messe avec dégrands chapelets pendus à leurs bras, dont ils marmottent les. patenôtres en entretenant tout ce qui est autour d’eux, et songeant par conséquent médiocrement à Dieu et à son saint sacrifice. Ils se mettent rarement à genoux à l’élévation. Leur religion est toute des plus commodes, et ils sont exacts à observer tout ce qui ne leur donne point de peine on puniroit sévèrement un blasphémateur du nom de Dieu, et une personne qui parleroit contre les saints et les mystères de notre foi, parce qu’il faut être fou, disent-ils, de commettre un crime qui ne donne point de plaisir ; mais pour ne bouger des lieux les plus tnfâmes, manger de la viande tous les vendredis, et entretenir publiquement une trentaine de courtisanes, et les avoir jour et nuit à ses côtés, ce n’est pas seulement matière de scrupule pour eux. Je ne parle que des libertins, dont le nombre est grand ; car il faut convenir que dans toutes les conditions il y a plusieurs personnes d’une piété solide et d’un grand exemple.