Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/87

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lëSg] MÉMORES

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six vieux chevaux dressés pour les fêtes de taureaux. Quant à leurs habillemens, l’on peut leur donner la louange que le luxe n’a pas pénétré jusques à eux ; car la dépense du plus grand seigneur qui s’habille le mieux n’excède pas cent ecus par an ; et deux ou trois gblilas, qui valent bien deux réaux chacune, est tout ce qui leur coûte en linge, car la chemise blanche n’est certainement pas en vogue même chez les plus galans : et quand on s’étonne, avec raison, que des personnes qui possèdent tant de biens (car il est certain que leurs États sont grands) soient si engagés et n’aient jamais un sou, l’on a pour toute réponse que les femmes les ruinent, et qu’une course de taureaux leur coûte des millions ; et il faut se payer de cette mauvaise monnoie.

Ayant toujours ouï parler de ces grands hommes qui avoient eu part au gouvernement dé la monarchie sous les règnes de Ferdinand, de Charles-Quint et de Philippe II, je m’étois imaginé que les enfans avoient hérité de la lumière de leurs pères et j’écoutois un jour avec grande disposition à admirer ce que j’entendrois dire au duc d’Albe, le grand-père de celui que nous avons vu récemment ambassadeur en France, qui étoit un fort bon gentilhomme, mais des plus ignares, lequel s’engageant par malheur à raconter une histoire de son aïeul, qui avoit gouverné les Pays-Bas et causé leur entière révolte, ne se put jamais souvenir du nom du prince d’Orange qui servoit à son propos, et en sortit en l’appelant toujours e/ rebelde.

L’amirante de Castille étoit bien fait et agréable de sa personne, d’assez bon esprit, peu humiHé devant