Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/9

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~1658j MÉMOIRES

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Ce refus donna un déplaisir sensible aux partisans de la maison d’Autriche, qui s’étoient persuadés d’en venir à bout : ce qui leur fit craindre que la suite de leurs affaires ne seroit pas si favorable qu’ils avoient imaginé.

Le prince de Lobkowitz arrivant à Francfort envoya visiter le maréchal de Gramont et M. de Lyonne, et leur donner part de son arrivée formalité accoutumée entre des gens qui sont fort bien ensemble ; mais ils découvrirent que c’étoit plutôt un piège qu’une civilité, car s’ils eussent reçu ce compliment, il attiroit leur visite, et par conséquent toute bonne correspondance avec lui. Mais comme toute leur ambassade n’avoit d’autre fondement apparent que des plaintes contre le feu Empereur, et même contre le roi de Hongrie, pour toutes les infractions faites. au traité de Munster dont ils venoient demander raison au collége électoral, aussi bien qu’un remède pour l’avenir, le prince de Lobkowitz leur eût pu représenter avec grande raison qu’il ne savoit pas de quoi les ministres du roi de France, qui vivoient en toute amitié avec ceux du roi de Hongrie, se pouvoient plaindre de lui. Les ambassadeurs évitèrent donc de tomber dans cet inconvénient : et pour ne pas paroître incivils, ils lui envoyèrent témoigner le déplaisir qu’ils avoient de ne pouvoir suivre leurs inclinations, qui seroient de vivre avec lui en toute amitié et bonne correspondance ; mais qu’ils espéroient que, recevant les justes satisfactions qu’ils prétendoient du roi de Hongrie, ils auroient ensuite l’occasion de traiter ensemble, et de lui témoigner en son particulier l’estime qu’Us avoient pour sa personne.