Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/95

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t66a] MÉMOIRES

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que pour les étrangers, que de sa maison, de sa bonne chère, et de tout l’honneur qu’il faisoit à son maître.

t66a] Un an après la mort du cardinal, M. le duc d’Epernon, qui étoit colonel général de l’infanterie française, venant à mourir, le Roi jugea à propos d’abolir cette charge, l’autorité et le crédit en étant trop grands pour un sujet. Il envoya chercher le maréchal de Gramont le moment d’après, pour lui annoncer qu’il l’avoit choisi, sur toute la cour, pour lui donner la charge de : colonel de ses gardes françaises, qu’il créoit en sa faveur, et qui, n’étant plussubordonnée à celle de colonel général, devenoit la première et la plus importante de l’État.

Le maréchal de Gramont reçut cette grâce singulière avec tout le respect et la reconnoissance qu’il devoit ; et l’on peut dire aussi qu’il a servi du depuis à la tête de ce régiment d’une manière qui l’honeroit, et a la grande satisfaction du Roi ; personne n’ayant jamais vécu avec tant d’éclat et de noblesse qu’il a fait jusques à la malheureuse catastrophe qui l’obtigea à se défaire de cette charge avant sa mort, malgré toutes les oppositions du Roi pour l’en empêcher. Mais il étoit écrit dans les destinées que cela devoit être ainsi, et que, quoique Sa Majesté m’en eût donné la survivance avec une bonté infinie je n’en jouirois pas, et que par succession des temps elle reviendroit dans ma maison, où elle est maintenant, et exercée par le duc de Guiche mon fils. Le maréchal de Gramont fut douze ans colonel des gardes (’), et le courtisan le plus délié et le plus dis(1) Colonel des g’ar<7< ! Le maréchal ne cousct-a pas celle charge