Page:Philostrate - Apollonius de Tyane, sa vie, ses voyages, ses prodiges, 1862.djvu/25

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à la fois comme peinture d’une époque, et comme indice de ce goût pour le merveilleux qui est une des passions de l’humanité. Nous ne pouvions songer à rééditer la traduction de Blaise de Vigenère (1596), qui a écrit dans la langue d’Amyot, mais non pas avec son talent. Quant à la traduction de Gastillon (1779), elle est fort inexacte, et il suffit d’y jeter un coup d’œil pour se convaincre qu’elle est faite, non sur le texte grec, mais sur la traduction latine. Castillon était un homme de ressources : Italien de naissance, il écrivait assez bien en français ; il était versé à la fois dans les sciences et dans les lettres, et, pour cette double aptitude, était fort prisé à la cour de Berlin : il a traduit convenablement les Académiques de Cicéron, mais il n’était pas assez helléniste pour se mesurer avec un texte grec, et peu s’en faut qu’il n’en fasse l’aveu dans sa préface. Il reconnaît d’ailleurs n’avoir eu sous les yeux, comme Biaise de Vigenère, que l’édition de Morel, et regrette de n’avoir pu se procurer à temps celle d’Oléarius. Aujourd’hui l’édition d’Oléarius elle-même est arriérée, et c’était un devoir pour le traducteur de profiter des corrections du texte de Philostrate que l’on doit à MM. Kayser, Westermann et Piccolos[1]. C’est ce que nous avons fait, en suivant d’ordinaire le texte de M. Westermann, mais en ayant soin d’avertir quand nous avons cru devoir nous en éloigner.

A. CHASSANG.
  1. M. Kayser adonné une excellente édition des œuvres de Philostrate (1838), dont M. Westermann a beaucoup profité pour la sienne, qui est accompagnée de la traduction latine révisée par lui (collection Didot, 1849) ; M. Piccolos a t’ait sur le texte de la Vie d’Apollonius de Tyane un certain nombre de corrections indiquées dans les articles de M. Miller sur Philostrate (Journal des savants, 1849, p. 752 et suiv.). Pour compléter les renseignements sur Apollonius de Tyane, nous ajouterons