Page:Pièces curieuses et inédites relatives à l'histoire de l'abbaye de Clairvaux.pdf/10

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laire ; à l’aide des mille pièces qu’il renferme, le lecteur pourra compter toutes les immenses propriétés et connaître toutes les exploitations des Bernardins. Un factum d’un curé de Maranville , datant du xviie siècle, pose en fait que ces religieux avaient à dépenser par heure la somme de 72 livres 15 sous. Jouissant d’immenses privilèges, l’abbaye de Clairvaux possédait des scieries de bois, des usines, des moulins, des fermes, des huileries, des tanneries, des draperies, des filatures, et alimentait les principales foires du royaume de France, de sorte que son revenu annuel au commencement du xviie siècle pouvait s’élever a 600 mille livres.

J’aurais voulu retracer ce mouvement industriel, révéler les usages et les coutumes des moines de Clairvaux, mais les documents dispersés çà et là ne m’ont point permis d’entreprendre ce travail. Je me contenterai donc de publier les notes que j’ai pu recueillir, persuadé que le lecteur me saura quelque gré de mes efforts. J ’y ai même joint une notice sur un manuscrit du président Bouhier, contenant l’inventaire des livres de Marguerite de Flandre, duchesse de Bourgogne, curieux document sur les bibliothèques seigneuriales au moyen-âge. Je termine ce préambule en remerciant M. l’Archiviste de l’Aube et M. le Bibliothécaire de la ville de Troyes de l’obligeance avec laquelle ils ont mis a ma disposition les manuscrits que j’ai compulsés.

Troyes, 20 juin 1856.