Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/273

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
261
de france

brutal et cela a le défaut de ne rien résoudre du tout. Mais l’Autorité, la Minerve des Français auxquels elle tient lieu de sagesse et de foi, l’Autorité a le dernier mot, résultat capital aux yeux de bien des braves gens.

Le prix Nobel.

L’année Française eut son dénouement à Stockolm et ce dénouement fut l’apothéose d’un de nos plus grands poètes. L’Académie Suédoise chargée de distribuer les fameux prix Nobel, a jugé qu’au point de vue des tendances et des aspirations idéalistes, il était le premier : elle l’a couronné comme le prince de l’idéalisme : double honneur pour la patrie qui lui donna le jour.

Tout a été dit sur les prix Nobel, remarquables par leur valeur inusitée, par la physionomie puissante de leur fondateur et surtout par les motifs qui déterminèrent leur création. Ce sont ces motifs précisément qui désignaient aux suffrages de l’Assemblée Scandinave la belle physionomie du penseur Français. Né en 1839, Sully Prudhomme, bien que membre de l’Académie Française et ayant derrière lui toute une vie de labeur, ne jouissait pas