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et prêta l’oreille aux propos intéressés qui cherchaient à en déprécier les avantages.

Nous avons vu que l’armée avait contre elle la méfiance anticipée des socialistes et les rancunes de certains intellectuels[1]. Les uns et les autres s’associèrent pour exploiter ce qui, dans la situation nouvelle devait constituer aux yeux de bien des Français, un grave défaut. Rapprochées et mises en pleine lumière, l’œuvre civile et l’œuvre militaire de la République apparaissaient, par plus d’un côté contradictoires et cette contradiction était faite pour choquer et pour inquiéter l’esprit national si jaloux d’unité et poussant volontiers le culte de la logique jusqu’à l’absurde. Précisément, l’affaire Dreyfus était survenue, aggravée tout de suite par l’imprudence des officiers supérieurs qui voulurent solidariser le jugement d’un conseil de guerre avec l’honneur de toute l’armée : à quoi les antimilitaristes ripostèrent en solidarisant l’armée avec les fautes de quelques-uns. Ils apportèrent à cette besogne une virulence qui ne laissera pas de causer quelque

  1. Voir la Chronique de 1900, page 41.