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de france

une société la personnalité civile, c’est-à-dire la possibilité de posséder légalement. Les sociétés les plus importantes la demandaient ; les autres s’en passaient. Un tel régime avait du moins l’avantage d’éviter l’accumulation des biens dits de mainmorte et l’argent nécessaire ne venait pas moins aux œuvres fécondes et intéressantes, soit directement par des dons, soit par l’entremise d’une individualité ou d’un groupe de personnes qui se substituaient à la société lorsque celle-ci n’avait pas d’existence légale. Il avait suffi que la République s’abstint d’espionner et de persécuter les associations comme l’avait fait le régime impérial, pour que celles-ci se multipliassent d’une façon étonnante. Une atmosphère de liberté morale s’étant établie autour d’elles, leur prospérité avait été rapide. On ne saurait dire le nombre des associations fondées en France depuis trente ans, dans tous les ordres d’activité : arts, sciences, pédagogie, sport, etc. Les ligues politiques ne furent pas les dernières à bénéficier de cette tolérance.

Ce n’était qu’une tolérance, en effet, et il pouvait y avoir là quelque inconvénient. Du moins le remède était-il aisé. Il consistait à effacer du