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formation. La théorie des deux jeunesses est issue d’un regard trop rapide donné à la statistique de la population des établissements secondaires. L’esprit de généralisation en a tiré ensuite une conclusion trop absolue. Qu’on veuille bien se reporter aux chiffres mentionnés l’année dernière[1] ; ils indiquent un double mouvement vers les internats religieux et vers les externats de l’État ; la défaveur croissante qui s’attache aux internats de l’État est assez explicable par l’insuffisance matérielle et morale de leur organisation. Il est très clair que dans un pays où les opinions politiques et religieuses sont aussi imbues de sentimentalisme qu’en France, et s’y teintent de nuances aussi diverses, la bourgeoisie ne saurait, sous le rapport de l’éducation de ses fils, se départager en deux camps nettement tranchés ; si cela était du reste, il faudrait en conclure que le gouvernement n’a pas la confiance de la majorité puisqu’il n’a pas non plus la majorité dans ses lycées ; mais cela n’est pas. Et non seulement, pour toutes sortes de motifs, on trouve des « cléri-

  1. Voir la Chronique de 1900, page 39.