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à l’école monge

que doivent venir se grouper tous ceux qui cherchent la clef du problème : cette idée mère, c’est l’amélioration de l’éducation physique.

Les premiers qui ont crié : Au surmenage ! comme on crie : Au feu ! n’ont pas manqué de s’attaquer aux programmes ; et ils l’ont fait avec une grande violence ; ils ont étalé devant les parents subitement épouvantés la liste, épouvantable en effet pour qui la prend au pied de la lettre, de tout ce que les enfants ont à apprendre : ils ont établi par A + B que cette somme de connaissances dépassant de beaucoup celle que l’on est susceptible d’acquérir entre huit et dix-sept ans, les enfants ainsi instruits ne savaient rien, absolument rien, en vertu du proverbe : « Qui trop embrasse mal étreint. » Bref, si on les avait écoutés, rien ne serait resté debout des programmes actuels ; quelque chose d’entièrement nouveau, basé sur d’autres principes et d’autres méthodes, tendant à un but encore mal défini, les aurait remplacés. Je ne sais combien de désillusions amènerait l’exécution d’un plan aussi imprudemment conçu ; mais la première de toutes, ce serait certainement de constater que cette grande révolution n’a pas atteint son but et qu’après comme avant, le surmenage subsiste ou du moins ces symptômes d’affaiblissement physique, d’engourdissement intellectuel, d’affaissement moral dont le surmenage