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histoire des exercices sportifs

porter à la boutonnière en subissant avec succès les épreuves d’une sorte de Pentathlon très ingénieusement combiné.

L’Angleterre a beaucoup fait pour l’extension démocratique du sport en créant les Boy-Scouts, dont le type s’est répandu aussitôt dans tous les pays : institution entourée au début de quelques puérilités mais qui, déjà, s’est perfectionnée. Toutefois il ne faut pas oublier que le scoutisme avait été précédé en Angleterre par une autre institution moralement supérieure et qui eût gagné à être l’objet d’une pareille propagande, celle des camps scolaires établis et dirigés chaque année par des collégiens en faveur des petits primaires moins fortunés. Ces camps, magnifique école de solidarité, eussent dû se multiplier et pouvoir fonctionner de façon presque permanente[1].

Parmi les groupements qui contribuent à la démocratisation sportive, on doit citer ici les Sokols. Ils diffèrent de leurs voisins germaniques, les Turners, en ce que — poursuivant le même but : la grandeur de la patrie — ils ne sont attachés à aucune formule gymnique exclusive et pratiquent volontiers tous les sports[2].

  1. On s’apercevra à l’usage que le grand défaut du scoutisme, à côté de tous ses avantages, est d’initier l’enfant de façon trop précoce à une existence virile dont la nouveauté risque de se trouver émoussée pour lui à l’heure où, près de devenir homme, il aurait le plus besoin d’en éprouver l’attrait. Au contraire, le solidarisme des camps scolaires n’est jamais prématuré.
  2. Fondés en 1862 par Miroslav Tyrs, professeur de philosophie à l’Université de Prague, ils se développèrent rapi-