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technique des exercices sportifs

exercice dont l’intensité assure le maximum d’effort dans le minimum de temps ; l’intérêt de la leçon y approche presque celui de l’assaut ; elle est, de tous, l’exercice qui exige le moins comme emplacement, vêtements et engins. Enfin, malgré sa violence, son caractère d’équilibre corporel en rend la pratique recommandable tôt et tard dans la vie ; elle convient déjà à l’adolescence et encore à l’homme mûr. ▬ Son caractère apaisant provient de ce qu’elle ne comporte jamais de « retenue » ; le boxeur met toute sa force dans chacun de ses coups (un coup de poing retenu ne rime à rien) et se « donne » à chaque instant tout entier. ▬ La boxe n’a contre elle que de servir d’occasion à de déplorables exhibitions, où un public avide d’émotion exacerbe les combattants dans l’espoir de les voir arriver au « knock out ».

La boxe française a évolué en sens inverse de la boxe anglaise ; d’exubérante, elle est devenue beaucoup plus sobre. Elle n’a pas renoncé au « coup de pied de figure » comme procédé d’entraînement mais elle en a reconnu l’inefficacité comme moyen de combat ; à plus forte raison a-t-elle abandonné sa légendaire « leçon sur les quatre faces » par laquelle elle se figurait jadis pouvoir enseigner à un homme à repousser l’attaque simultanée de quatre adversaires l’encerclant. Elle se limite aux coups de pied susceptibles de tenir un assaillant à distance, de le déconcerter, de le déséquilibrer sans nuire pour cela à la force et à la justesse du coup de poing demeuré l’argument décisif. Seulement, mêlant désormais l’un à l’autre dans un sage éclectisme, on se demande pourquoi elle s’obstine à ignorer le coup de poing à l’américaine si propre à compléter sa valeur combative. Le jour où le boxeur français l’encartera dans