Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/1003

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affable. Il ne faut point oublier que le talent de plaire [321c] est un moyen de succès, et que l’orgueil a pour compagne la solitude. Sois heureux.



LETTRE V.

Platon à Perdiccas[1] ; bonheur et sagesse.

J’ai conseillé à Euphrée, comme tu paraissais le désirer dans ta lettre, de continuer de s’occuper avec zèle de l’administration de tes affaires. Les liens sacrés de l’hospitalité qui nous unissent me font un devoir de te donner tous les conseils [321d] que tu me demanderas et de l’indiquer en particulier l’avantage que tu peux retirer d’Euphrée. Cet homme te sera d’un grand secours : il possède un mérite qui te sera bien utile à cause de ta jeunesse, et qui est d’autant plus précieux que peu de personnes sont capables de donner aux jeunes gens de bons avis sur cette matière. Chaque gouvernement a son langage particulier, comme chaque espèce d’animaux. On ne parle pas dans une démocratie comme dans une oligarchie, ni dans une oligarchie comme dans une monarchie. [321e] Bien des gens s’imaginent entendre ces différents langages, mais l’intelligence n’en est donnée qu’à un très petit nombre. Le gouvernement qui se sert avec les hommes et avec les dieux du langage qui lui convient, et dont la conduite n’est pas en opposition avec le langage, fleurit et se conserve toujours ;

  1. Probablement Perdiccas III, roi de Macédoine.